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Mamadou Dia : « Ne garder que le positif »


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« Je vais finir en face du Vélodrome, si ce n’est pas un signe ça… ». Notre capitaine, notre SuperMam, notre Parisien préféré, celui que l’on surnomme « Le Maire », Mamadou Dia, va mettre fin à sa carrière de joueur professionnel, à l’âge de 41 ans. Il va ainsi porter son numéro 11 auréolé de ses 14 étoiles pour la dernière fois, ce samedi soir au Palais des Sports de Marseille à l’occasion de la dernière journée de championnat face à l’ASVEL.

L’émotion sera au rendez-vous pour son ultime match sous les couleurs d’un club qu’il a porté avec fierté depuis l’été 2006, lorsque Fos-sur-Mer évoluait en Nationale 2, en quatrième division. Dernier entretien avec une légende…

Salut Mam, à quel moment as-tu pris la décision d’arrêter ?

Ça fait longtemps quand même. L’issue de la saison ne changeait rien… ça accélère surtout. A chaud, avec la déception, tu as moins de regrets. Et en même temps, ça fait mal. J’ai rêvé d’une meilleure fin quand même… Mais bon, c’est comme ça. De tout façon, comme je l’ai dit, je vais essayer de ne garder que le positif et d’oublier le négatif.

Qu’est ce qui a pesé dans la balance ?

Un ensemble de choses…. Est-ce que j’ai toujours envie comme avant ? Comme je n’aime pas trop tricher. Peut-être aussi qu’il n’y a plus la même passion. Il y a aussi beaucoup d’autres choses qui ont changé par rapport à mes débuts, qui rendent un peu fou et qui font que tu prends sur toi. Des choses qui te font dire à un moment donné que c’est fini, que c’est une nouvelle ère qui commence.

Ce qui rend fou, c’est l’usure, le rythme infernal d’une saison avec les déplacements etc etc ?

Non, au contraire j’aurais bien aimé que ce soit ça. Physiquement ça va et je n’ai jamais levé le pied. On ne m’a jamais dit : « Reposes toi Mam ». Tu peux demander à tout le monde. Pour ça, le mental a toujours été là. C’est juste un ensemble de choses, les valeurs ont changé… Tout a changé en fait. Ça devient de plus en plus dur pour les anciens. Tu es obligé de prendre sur toi. C’est la nouvelle ère qui demande ça. Il fallait mieux que j’arrête avant que la tête n’explose ! (rires) C’est plutôt ça…

Si on met de côté cette relégation en fin de saison, ton parcours avec Fos est tout de même magnifique. Si on t’avais dit que tu finirais en première division quand tu es arrivé….

C’est exactement ça, je vais plutôt me remémorer les bons moments, le positif. Le négatif, c’est vers la fin. Mais ce qui s’est passé au fil des années, c’est juste exceptionnel. Quand je suis arrivé là, même pas en rêve j’aurais pensé finir là… Même en Pro B, je ne vais pas te cacher que c’était un rêve pendant des années, quand tu viens de N2. C’est pour ça, je dis aux gens de relativiser. Là on est à chaud, on est fâchés, déçus, et c’est normal. Mais on ne peut être que fier de ce qu’on a accompli. Toute la région peut être fière de nous et nous aussi. Parce que même au niveau des supporters, l’engouement qu’il y a aujourd’hui…. Quand je suis arrivé, il y avait une personne sur 20 qui connaissait le basket. Et quand je vois ce que c’est devenu maintenant. Aujourd’hui, les gens sont fiers, moi le premier. Quand je retournais à Paris, en 2006, qu’on me demandait où je jouais, je disais Marseille. Maintenant, quand on voit ce que le club est devenu, je bombe le torse quand je dis que je joues pour Fos-sur-Mer. Rien que ça, c’est une fierté. On est reconnus partout en France, on a mis le nom de Fos sur la carte du basket français.

Ça fait bizarre de finir au Palais des Sports de Marseille et pas à Parsemain ?

Oui, ça par contre, je le garde pour moi, mais c’est vrai que ce n’est pas évident. Ça me travaille… Je n’aurais pas dit au revoir à mon bébé… Je ne sais pas comment on va faire, mais ça me fait bizarre.

Tu vas malgré tout finir face à l’un des plus grands clubs français, c’est aussi un clin d’œil sympa…

Oui, un club que je supportais quand j’étais petit, parce qu’il y avait un de mes grand-frères qui jouait là-bas, Moustapha Sonko. Ça remonte à l’époque où je jouais à Saint-Chamond en fait. J’avais ma place attitré. Le GM, Gaëtan Muller, est un bon pote à moi, Yohann Sangaré aussi. Je vais aussi jouer contre le club de mon premier entraîneur, Nordine Ghrib. J’ai beaucoup d’affinités et d’amis là-bas. C’est vrai que ça fait plaisir de finir contre eux….